"maen vag",une sculpture musicale ?

Une chambre d'écho, une caisse de résonnance.. Témoignage écrit de Myrdhin, druide et harpiste international, paru dans la revue Avel IX, recueil de poèsie et de littérature.

Six semaines avant de faire le rêve que je vous ai raconté au début,Jean- Yves Menez, proche d'en finir avec les casseurs de merveilleux voulut que la harpe fut la première à chanter dans son "ponto" celte baptisé en breton "Maen vag".
Ce fut pour moi une expèrience physique en même temps que psychique.
Je ne voulus pas monter à bord avec n'importe quelle harpe. Je me devais, à l'instar du sculpteur, de ne rien laisser au hasard.
Jean- yves Menez m'avait fait l'honneur d'être l'un de ses consultants lors de la taille, notamment celle des sept saints qui ornent l'intèrieur du bateau, et je devais être cohèrent jusqu'au bout.
Je pris donc ma nouvelle harpe Irlandaise réalisée par le luthier Frank Sievert dans un chêne vieux de quatre cent ans qui séchait depuis quatre vingt ans.
Cette harpe appelée Sîrr est cordée de laiton et de bronze comme au Moyen Âge en Irlande.
Comme le navire de Jean- Yves, cette harpe est un être vivant bel et bien doté d'une âme.
Je mis quelques temps à trouver la bonne place à l'arrière pour jouer dans les meilleures conditions.
La nuit était tombée. La barre était au sud-sud-ouest face à la pleine lune ! chance, hasard, volonté divine, synchronicité harmonieuse ?, dans mon vocabulaire de harpeur, je dirais " accordance d'harmoniques ".
Ma navigation commença. Combien de temps ai-je joué ? Je suis bien incapable de le dire. J'avais accédé à un autre monde. Ce dont je me souviens, c'est qu'après avoir joué plusieurs airs irlandais, un chant breton s'imposa.
C'était " Ar Baradoz ", ce magnifique cantique attribué à Saint-Hervé, barde aveugle et patron des harpeurs.
Sa légende nous inspira, Angèle Vannier et moi même en 1976 et nous en fîmesune chanson dont voici la dernière strophe:
" Femme Riwanon, il ne faut pas pleurer,
Les yeux de ton fils voient l'éternité,
A la nuit tombée, près de la fontaine,
Il fait encore jour, pour tous ceux qui aiment...

Poème, chanson, prière ou incantation ?
Le chant, la harpe et le vaisseau de pierre se sont mis en résonnance pour échapper au temps et ce soir là sur la Rance, le passé et le futur se reflétèrent, comme dirait Lévy-Strauss " en même temps mythique ".

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